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Le système psychiatrique traditionnel en Inde continue de pathologiser les personnes LGBTQIA+

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Un commentaire récent, publié dans le Journal indien d’éthique médicalecritique la façon dont les systèmes de santé mentale en Inde résistent à la dépathologisation des identités LGBTQIA+ bien que la Cour suprême de l’Inde ait demandé aux professionnels de la santé mentale de le faire en 2018. Aucun des établissements de santé mentale gérés par le gouvernement n’a pris d’initiative pour promouvoir les droits LGBTQIA+ ou favoriser un environnement inclusif LGBTQIA.

L’auteur, Sudarshan R. Kottai de la Jindal School of Psychology & Counseling, identifie la nature problématique des systèmes de santé mentale en Inde :

« Les professionnels traditionnels de la santé mentale définissent le suicide (des personnes marginalisées) comme résultant de troubles psychologiques situés au sein de la personne. De tels récits biomédicaux linéaires et simplistes proposent des psychopharmaceutiques et des thérapies individualisées comme solutions. Ces catégorisations psychocentriques surestiment les facteurs causals individuels et sous-estiment les facteurs occasionnels structurels, entraînant une médicalisation de la souffrance sociale.

Premièrement, le commentaire a souligné le danger de la violence curative envers les personnes LGBTQIA+ en Inde. La violence curative est un concept proposé par Eunjung Kim, professeure adjointe d’études féminines et de genre et d’études sur le handicap à l’Université de Syracuse. Elle remet en question l’idée des cures en tant que bien universel et reconnaît les effets violents des cures non médicales et médicales. Alors que de nombreux professionnels de la santé mentale en Inde considèrent toujours l’homosexualité comme un trouble, les personnes LGBTQIA+ en Inde sont confrontées à des pratiques telles que la thérapie de conversion, la thérapie par chocs électriques et l’hormonothérapie qui visent à changer leur sexualité.

Bien que l’Indian Psychiatric Society ait publié sa première déclaration en 2018 demandant à ses membres de cesser de considérer l’homosexualité comme une maladie, elle ne s’est engagée dans aucune action anti-discriminatoire proactive.

“La communauté indienne traditionnelle de la santé mentale est restée silencieuse sur la nécessité d’adopter une loi anti-discrimination LGBTQIA + et une interdiction de la thérapie de conversion, ce qui signifie la priorisation d’un changement d’amélioration qui blâme la victime pour les souffrances induites de manière systémique”, écrit l’auteur.

Kottai a qualifié l’hétéronormativité au sein des systèmes de santé mentale en Inde de facteur critique forçant les personnes homosexuelles à mettre fin à leurs jours :

“C’est le discours populaire de l’hétéronormativité qui provoque l’anxiété et la confusion chez les parents concernant les diverses orientations sexuelles de leurs enfants, les amenant à consulter des professionnels de la santé mentale qui critiquent le cerveau et l’esprit des personnes LGBTQIA+, les exhortant à se cacher et à s’adapter aux systèmes oppressifs. qui engendrent la détresse.

Le commentaire a également critiqué la façon dont la biocommunicabilité constitue un obstacle au développement de multiples perspectives sur la santé LGBTQIA+ en Inde. La biocommunicabilité est un concept proposé par Charles Briggs et Daniel Hallin, qui croient que la communication publique concernant la santé désigne différentes hypothèses sur ce qu’est la connaissance de la santé et dépeint des versions d’une citoyenneté saine. Le commentaire a révélé que les institutions de santé mentale traditionnelles gérées par le gouvernement ne parvenaient pas à promouvoir auprès du public des informations positives sur la relation hallah mentale fondées sur les droits, centrées sur l’utilisateur. Ainsi, la prise de conscience de la santé LGBTQIA + en Inde reste sur la perception des soins de santé mentale professionnels comme le seul déterminant de la communication sur la santé mentale.

“La violence structurelle, la violence juridique et d’autres déséquilibres de pouvoir échappent au regard de la pratique de la santé mentale, renforçant les attitudes coloniales de répression, de profit et de blâme des victimes qui reconfigurent les problèmes de droits LGBTQIA+ en tant que problèmes de santé mentale individuels en connivence avec l’architecture étatique quadriphonique “, a ajouté l’auteur. “Il y a un manque de reconnaissance du fait qu’une personne est constituée non seulement par le corps physique mais aussi par les corps sociaux et politiques.”

Par conséquent, le commentaire a souligné la nécessité pour les politiques publiques de résoudre les problèmes liés à la santé, à l’éducation, à l’emploi, au logement, à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire et à l’accès à la justice LGBTQIA+. Ces politiques pourraient avoir un impact sur les déterminants sociaux de la détresse mentale et réduire la stigmatisation des minorités sexuelles. En déplaçant l’orientation de l’intervention du niveau individuel vers le niveau sociopolitique, davantage de personnes LGBTQIA+ pourraient mettre fin à leurs souffrances dues à la domination de la psychiatrie technocratique biomédicale.

Enfin, le commentaire a appelé à un changement transformateur dans les systèmes de santé mentale avec des perspectives davantage fondées sur les droits et les valeurs en Inde. L’auteur a rappelé au lecteur que le cadre occidental des connaissances médicales, qui est généralement cisgenre et hétéronormatif, continue d’influencer les pratiques universitaires et psychiatriques concernant les personnes LGBTQIA+. La sensibilisation et l’éducation critiques concernant les questions LGBTQIA+ parmi les praticiens et les étudiants en médecine sont essentielles pour l’avenir florissant de la santé des personnes LGBTQIA+.

L’auteur conclut :

“Jusqu’à ce que les systèmes de santé mentale modifient explicitement leurs récits biomédicaux hégémoniques et s’alignent sur le discours des droits de l’homme sur les questions LGBTQIA +, prônant un changement politique / social, ils continueront à traiter les problèmes systémiques au niveau individuel sans apprécier la façon dont les personnes réagissent aux contextes et comment ils peuvent exercer leur pouvoir pour changer ces contextes.
“Il est grand temps que l’on résiste à la production et à la pratique de connaissances psychiatriques acontextuelles, apolitiques et anhistoriques en définissant chaque état d’esprit et problème social comme un problème psychiatrique, et que l’action sociale et politique soit reconnue comme primordiale pour guérir la maladie.”

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Kottai, SR (2022). Droits LGBTQIA+, systèmes de santé mentale et violence curative en Inde. Journal indien d’éthique médicale, sept(2), 127-133. (Texte intégral)

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